Questions

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Question de Cyril (34 ans)

La question : Je suis fan de sports nautiques intenses (ski nautique, surf) et je suis sous pompe depuis six mois. Je souhaiterais savoir si je peux garder ma pompe pendant mes activités ? Quelles sont les précautions à prendre ?

Réponse du diabétologue

Attention, les pompes ne sont pas faites pour aller sous l'eau. Notre conseil serait donc de se débrancher, d'utiliser un schéma de remplacement pendant la journée si l'activité sportive dure longtemps (plus de 2 heures), puis de remettre la pompe le soir. Il est important d'en parler à l'avance avec votre diabétologue afin d'envisager plusieurs scénarios de débranchement pour adapter au mieux votre traitement à votre rythme de vie et activité physique.  

Question de Géraldine (28 ans)

La question : Je suis sous pompe à insuline depuis 3 ans et je vais bientôt partir trois semaines au Vietnam pour visiter le pays avec mon sac à dos hors des circuits touristiques mais je crains les effets de la chaleur sur ma pompe. Comment conserver mon insuline et m’approvisionner en cas de problème ?

Réponse du diabétologue

Il est fortement conseillé de contacter son prestataire de santé, afin d'avoir une pompe de secours et les coordonnées si besoin de plusieurs relais locaux (mais pas toujours possible selon les pays). Il est vrai que la chaleur peut altérer la qualité de l'insuline, il faut donc partir avec un stock de réserve (à conserver dans un sac/trousse isotherme pour garantir une neutralité thermique pendant le voyage) mais surtout avec une ordonnance afin de pouvoir s'en procurer sur place si besoin. Si le voyage est plus long, le retour au traitement par stylo est éventuellement une solution pour un schéma de remplacement temporaire. Un conseil au retour en France : utiliser un nouveau flacon, non ouvert et non exposé au variation de température. Pour des informations complémentaires, rendez-vous sur la page Mon quotidien et  Voyager avec une pompe

Question de Julien (32 ans)

La question : Sous pompe depuis une dizaine d’années et diabétique depuis 1997, je suis confronté à une situation que je ne parviens pas à gérer. J’alterne la pose du « cathé » deux fois par semaine sur le flan droit ou le flan gauche en changeant à chaque fois de zone (rotation) mais depuis un mois le côté droit ne marche plus. On dirait que la zone fait obstruction. Mes glycémies augmentent jusqu’au remplacement dans une autre zone (dos ou cuisse). Le côté gauche ne pose pas de problème. J’ai bien sûr testé le « cathé » et le réservoir et tout fonctionne bien.

Réponse du diabétologue

C'est une situation qui arrive souvent, lorsque l'on est sous pompe depuis longtemps. Il est conseillé de laisser "reposer" pendant quelques mois la zone où l'insuline ne passe pas bien afin de permettre au tissu sous cutané de revenir à l'état normal, avant d'essayer "d'y retourner". En attendant, il faut continuer à pîquer sur le côté gauche, mais également trouver une nouvelle zone comme par exemple le haut des fesses. C'est un endroit souvent sous estimé, mais parfois très intéressant.

Question de Karine (28 ans)

La question : Je prévois d’avoir un enfant et je me pose la question de savoir si je peux demander à mon médecin de passer sous pompe à insuline, est-ce dangereux quand on est enceinte de porter une pompe ?

Réponse du diabétologue

Aucun problème, la pompe à insuline est une voie thérapeutique souvent proposée lors d'une grossesse chez une patiente diabétique de type 1.

Question de Jean-Luc (60 ans)

La question : Je voulais savoir si l'endroit où était posé le cathéter influençait l'action de l'insuline comme c'est le cas très souvent avec l'injection classique.

Réponse du diabétologue

Non, il n'y a pas de différences notable entre les sites d'administration en dehors bien sur des lipodystrophies.

Question de Armand (59 ans)

La question : Les greffés hépatiques peuvent-ils être mis sous pompe à insuline ?

Réponse du diabétologue

Tous les patients diabétiques qui nécessitent une insulinothérapie multi-injections sont des patients qui ne peuvent pas être soignés sans l’aide de l’insuline, ils sont dits insulinodépendants (ils ne sécrètent plus du tout d’insuline) ou insulinorequérants (ils sécrètent très peu d’insuline et ne peuvent pas être traités avec des médicaments oraux). Dans tous ces cas, le traitement par pompe peut être proposé : dans ce cadre un patient greffé du foie qui nécessite de l’insuline peut être proposé pour bénéficier d’une pompe. Chaque cas est particulier… La pompe est un moyen de délivrer de l’insuline en continu à l’organisme, cette insuline est la même que celle qu’on trouve dans les stylos pour se faire des injections d’insuline rapide. Lorsque l’insuline est nécessaire, elle n’est quasiment jamais contre-indiquée.

Question de Charles (87 ans)

La question : J'ai fait un accident vasculaire sur la rétine quelques jours après la pose de la pompe. Est-ce une conséquence ? J'ai une rétinopathie depuis longtemps et actuellement on me fait des piqûres de lucentus, mais je n'ai plus que 1/10ème de vision.

Réponse du diabétologue

La pompe ne peut pas être responsable d’un accident vasculaire de la rétine. En elle-même, elle ne peut pas non plus être responsable de l’aggravation d’une rétinopathie diabétique (qui n’est pas à proprement parler « un accident vasculaire de la rétine » mais une série de petites lésions d’origine microvasculaire) par contre, il arrive que l’amélioration brutale du contrôle glycémique (qu’il soit obtenu avec une pompe, des injections d’insuline ou même des médicaments) aggrave une rétinopathie diabétique. Cependant ce qu’il convient de retenir c’est que pour éviter d’avoir des problèmes ophtalmologiques liés au diabète et en particulier une rétinopathie diabétique, il est important d’avoir et de maintenir un bon contrôle de sa glycémie tout au long de son diabète.

Question de Christelle (29 ans)

La question : Mon fils de 17 mois vient d'être diagnostiqué DID mi-décembre 2013. On nous propose la pose d'une pompe. Cela l'aidera-t-il à être plus autonome dans les années à venir car j'ai surtout peur pour l'entrée en maternelle en septembre 2015 ?

Réponse du diabétologue

Il est très important de bien comprendre que votre petit garçon est encore un nourrisson et que la pompe représente une très bonne alternative aux injections classiques (entre 3 et 5 injections par jour) pour plusieurs raisons dont les principales sont les suivantes :
  • Lorsqu’on est porteur d’une pompe, il n’y a pas d’injection d’insuline avec une seringue ou un stylo et comme il est difficile d’expliquer à un enfant si jeune la nécessité de ces injections, il peut les ressentir comme douloureuses et se mettre en opposition. Dans ce cas, la relation des parents avec leur enfant peut être passagèrement difficile. La pompe permet d’assurer la présence d’insuline sans interruption pendant 24h « sans piqûre ».
  • Lorsqu’on est porteur d’une pompe, il est plus facile de s’adapter au modèle et au rythme d’un enfant très jeune, ses besoins en insuline sont très faibles (souvent entre 10 et 15 unités par jour). Dans le meilleur des cas, avec les stylos, on peut faire varier les doses par demie unité tandis qu’ avec une pompe, on peut programmer des variations de toutes petites doses ce qui est plus adapté. Des bolus (apport d’insuline rapide au moment des repas) doivent être proposés lorsqu’on a des injections ou lorsqu’on a une pompe, la différence, c’est qu’avec la pompe, on peut réellement être flexible et s’adapter à l’appétit de l’enfant, à ses horaires de repas et à la quantité ingérée. Ainsi, on est souvent plus tranquillisé car on ne peut pas demander à un enfant si jeune de dire s’il il a très faim ou à quelle heure il a décidé de manger…
C’est pour tout cela que votre médecin vous a proposé une pompe. De plus, de grandes études ont pu montrer que chez l’enfant, la pompe est un système efficace pour mieux équilibrer le diabète mais surtout chez les tout petits pour réduire la fréquence des hypoglycémies qui ne sont pas toujours faciles à détecter car les très jeunes enfants ne peuvent pas expliquer ce qu’ils ressentent, ces épisodes sont alors impressionnants et inquiétants à juste titre pour les parents. Au cours d’une de ces grandes études, l’utilisation de la pompe a été arrêtée chez 38 patients parmi les 345 du groupe étudié. Certains enfants étaient fatigués à cause des soins supplémentaires demandés par l’usage de la pompe, ou gênés par la présence de l’appareil. Les enfants ou leur famille ont demandé spontanément une fenêtre thérapeutique, des « vacances de pompe », puis ont repris son usage par la suite. On peut comprendre que ce type de prise en charge soit appliqué lors de passages importants comme l’entrée en maternelle, si on veut éviter de « stresser l’équipe pédagogique »…Mais il y a maintenant beaucoup d’enfants qui sont scolarisés avec leur pompe et si la situation est bien expliquée au départ, et si la pompe est bien acceptée par l’enfant, les choses peuvent tout à fait bien se passer. Le moment venu, votre médecin vous expliquera en détail comment on organise « la première rentrée » et toute votre équipe soignante sera à vos cotés pour informer et soutenir les responsables de la maternelle pour que la scolarisation de votre enfant se passe bien.    

Question de Frank (43 ans)

La question : J’ai entendu dire qu’il existait des pompes à insuline qui vérifiaient aussi automatiquement les glycémies ce qui permettait de moins se faire de contrôle glycémique, est-ce vrai ?

Réponse du diabétologue

Deux modèles de pompes disponibles en France peuvent être couplées à une mesure continue du glucose : voir notre page Présentation des pompes à insuline externes En plus de la pompe et de son cathéter, une « électrode » est insérée en sous cutanée (technique similaire à celle de pose du cathéter) et couplée à un petit émetteur. Les valeurs glycémiques estimées par l’électrode à partir de la mesure du glucose sous la peau (interstitiel et non capillaire) sont affichées en temps réel sur l’écran de la pompe. Il n’y a cependant aucune régulation automatique du fonctionnement de la pompe. Le patient prend les décisions d’ajustement des doses d’insuline en fonction des résultats affichés avec possibilité d’anticipation des actions en fonction de l’évolution des glycémies dans le temps (profil glycémique) ; par exemple une glycémie à 2 /l n’a pas la même signification si la glycémie dans l’heure qui précède était à 3 g/l ou 1 g/l. La mesure en continu du glucose ne dispense cependant pas actuellement des glycémies capillaires qui restent nécessaire pour la calibration du système. Selon les systèmes moins de 1 à 2 glycémies quotidiennes sont indispensables pour cette calibration. Il reste également conseillé de confirmer la valeur observée par une glycémie capillaire avant d’apporter une correction (rajout d’insuline ou resucrage) Le traitement par pompe à insuline est pris en charge par l’assurance maladie. La mesure continue du glucose ne l’est pas encore et est en discussion.  

Question de Claire (32 ans)

La question : Grâce à l’émission Magazine de la Santé (France 5), j’ai enfin pu découvrir le fonctionnement de la pompe sur une jeune femme de mon âge (d’ordinaire, on nous montre toujours des personnes de 50 à 70 ans, en surpoids, et qui ne font pas d’activité physique). Elle témoignait de l’oubli de la pompe car tellement discrète. Mais si la pompe est si discrète par sa praticité, elle n’en reste pas moins un traitement par injection, et vous précisez bien que cela reste malgré tout une surveillance plus stricte que les injections au stylo. Quels réels bénéfices y-t-il au quotidien, finalement ? Tout dépend de chaque cas ?

Réponse du diabétologue

La pompe à insuline est effectivement un outil de perfusion au service et aux mains du patient diabétique. L’autosurveillance glycémique nécessaire pour ajuster les doses d’insuline sous pompe ou sous multi-injections est d’environ 4 par jour. Cette autosurveillance sous pompe sert également à dépister tout dysfonctionnement technique. Les bénéfices les plus importants de la pompe sont :
  • La possibilité d’ajuster plus précisément l’administration basale de l’insuline aux besoins de chacun qui peuvent être différents d’un moment à l’autre de la journée (personnalisation avec possibilité de régler plusieurs plages horaires avec des débits de base différents). Souvent, il existe une moindre variabilité des résultats glycémiques et une couverture satisfaisante des besoins en insuline basale sur l’ensemble de la journée. La possibilité de réduire l’administration du débit de base sur une période de temps, en cas d’activité physique par exemple, afin de limiter le risque d’hypoglycémie en cas d’activité physique.
  • La facilité de réaliser des bolus de correction en fonction de la glycémie, un bolus supplémentaire en cas d’extra alimentaire et la discrétion de réalisation dans la vie courante (qualité de vie)
  • Amélioration de la qualité de vie avec moins d’injections : un cathéter inséré tous les 3 jours environ au lieu de 4 à 5 injections quotidiennes.
  • Certaines alertes disponibles sur les pompes peuvent être utiles à certaines, comme l’alerte « bolus oublié » ou le « rappel glycémie post prandiale »
Les inconvénients essentiels sont :
  • La nécessité d’avoir la pompe sur soi en permanence (même si elle est miniaturisée). Une reprise temporaire des injections est bien sûr possible dans certaines circonstances et pour qui le souhaite, pendant les vacances par exemple (utilisation du schéma de remplacement de la pompe).
  • L’importance de rester vigilant et réactif en cas d’hyperglycémie ponctuelle afin de détecter précocement toute interruption de la perfusion d’insuline secondaire à un incident technique et d’y pallier.